Da Le Figaro del 29/03/2006
Originale su http://www.lefigaro.fr/international/20060329.FIG000000236_berlusconi_...

Berlusconi et les juges : exaspération réciproque

A l'approche des élections générales du 9 avril, la polémique entre le président du Conseil et les magistrats ne faiblit pas.

di Christine Fauvet-Mycia

VICTIME de fous dangereux, qui plus est communistes... Depuis qu'il a conquis le pouvoir, Silvio Berlusconi n'a pas varié. Face à la justice, qui lui demande de rendre des comptes, il se pose en victime d'un complot qui n'aurait d'autre objectif que de mettre fin à sa carrière politique. Dimanche dernier, en campagne à Naples avant les élections législatives du 9 avril, il a fustigé les «rouges» qui ne rêveraient que d'un «Etat dans lequel les juges pourraient être utilisés pour éliminer leurs adversaires politiques». L'opposition s'indigne, les magistrats se rebellent, diagnostiquent «un délire de persécution», dénoncent une tentative de «délégitimation». Le peuple italien, lui, compte les points mais cherche ailleurs des raisons de se détourner d'un homme, qu'il a porté à la présidence du Conseil il y a cinq ans parce qu'il était différent de ceux qui occupèrent avant lui le palais Chigi.

Paradoxalement, ce sont ces juges, que Berlusconi vomit, qui ont favorisé, indirectement, l'ascension du «cavalier» milliardaire. L'opération «Mains propres» (Mani Pulite), lancée en 1992 par le parquet de Milan, a eu raison des partis qui, depuis cinquante ans, dominaient la vie politique italienne : la Démocratie chrétienne et le PSI. Et dans ce vide laissé, «Il Cavaliere» a su s'imposer.


DES APPELS À RÉSISTER

Pour durer, il a fallu continuer de déjouer le cours de la justice. Une armée d'avocats n'y aurait pas suffi. Il a fallu rendre les lois plus accommodantes, les modifier, en inventer de nouvelles. Silvio Berlusconi s'y est employé, en se défendant de ne songer qu'à ses propres intérêts. Le Parlement a suivi. Loi autorisant le retour au pays des capitaux exportés illégalement, loi dépénalisant les faux bilans, loi compliquant les commissions rogatoires entre la Suisse et l'Italie, loi introduisant la notion de «soupçon légitime» envers les juges...

Bien sûr, il y eut quelques hoquets, des appels à «résister», plusieurs grèves. A chaque fois, Berlusconi a tempêté. Encore et encore. Accusant les juges, ces «robes rouges» d'être «mentalement dérangés, anthropologiquement différents du reste de la race humaine». S'étonnant d'être rattrapé par les tribunaux à la veille de combats électoraux. «La justice à horlogerie politique n'est pas une invention», soulignait-il, quand le 10 mars dernier, le parquet de Milan demandait son renvoi en justice pour «corruption en actes judiciaires». Il est parvenu à convaincre une partie de l'opinion qu'au-delà de ses ennuis judiciaires, il menait un juste et rude combat contre ce que l'un de ses alliés de la Ligue du Nord, Umberto Bossi, qualifie de «caste, pleine aux as, qui se protège et veut se substituer à la politique». On lui a fait crédit d'essayer de s'attaquer à des citadelles. Plus d'un Italien a voulu croire qu'il y gagnerait dans l'affaire.


«CONFLITS D'INTÉRÊTS»

En Italie, quelque trois mille procès au pénal, pour lesquels un jugement définitif n'intervient jamais avant huit ou dix ans, et plus d'un million de causes au civil, sont en panne en raison de l'engorgement des tribunaux. Gauche et droite veulent bien admettre qu'il faut remédier à un certain nombre de dysfonctionnements.

Mais cette exaspération constante qui marque les rapports entre le pouvoir berlusconien et la magistrature pollue tout débat sur les évolutions nécessaires d'un monde judiciaire qui n'est pas exempt d'anachronismes. «Avec Berlusconi, au moins, on sait à ce que l'on achète, remarque avec une pointe d'ironie le directeur d'un institut bancaire, qui sait gré au président du Conseil d'avoir engagé des réformes. C'est vrai qu'il y a des conflits d'intérêts, c'est vrai que cela choque, mais cela se voit. Avec les autres, on ne sait pas. Ils sont tous plus ou moins liés à des grands établissements financiers, de grandes entreprises, disposent de réseaux d'influence et font des affaires mais ils ne le proclament pas.» Une réflexion douce amère souvent reprise, ici et là.

Entre le monde politique et celui des affaires, la frontière n'a jamais été étanche. Les Italiens s'en accommodent, sans illusions. S'ils se détournent aujourd'hui de Berlusconi, c'est davantage en raison de son bilan économique et social que de son bilan... judiciaire.

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